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Mise à jour: 2 juin 2010

Chronique santé

sante Les questions et réponses de cette chronique ont été tirées des numéros antérieurs de la revue SVB. Toutes les informations contenues dans cette section sont vérifiées et actualisées périodiquement par le Dr Michel Ruel du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), pavillon CHUL.

L'intérêt de cette chronique réside dans le fait qu'elle répond aux questions que les patients fibro-kystiques adressent le plus fréquemment à leur médecin spécialiste en fibrose kystique. En cliquant sur le sujet de votre choix, vous aurez accès aux questions et réponses en rapport avec le thème sélectionné.



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SYMPTÔMES

Anémie et fibrose kystique
Artériosclérose et maladies cardiaques
Arythmie et tachycardie
Candida albicans
CO2 et débit d’oxygène
Diabète et fibrose kystique
Extinction de voix
Fièvre
Hémoptysies
Hippocratisme digital
Hypertrophie du coeur et fibrose kystique
Intolérance au sucre
Mauvaise haleine
Rate hypertrophiée
Reflux gastro-œsophagien
Retard de croissance
Pancréatites
Pneumothorax
Polypes nasaux et odorat
Pseudomonas multirésistant
Sinusite aigüe
Soif

TRAITEMENTS

Antibiotiques

Antibiotiques et bactéries multirésistantes
Antibiotiques et durée des traitements
Antibiotiques, flore intestinale et probiotiques
Antibiotiques intraveineux et exposition au soleil
Antibiotiques : lait et alcool
Antibiotiques et vitamines
Cipro® et entraînement
Tobi®

Anticorps monoclonaux
Cathéter long périphérique
P.A.S. Port et Port-O-Cath
Corticostéroïdes : action et effets indésirables
Cortisol
Cyclosporine : actions et effets indésirables
Désensibilisation
Enzymes pancréatiques
Ibuprofène
Ibuprofène et cicatrisation
Méthadone
Oméga-3
Oxygénothérapie
Poids et gavage
Pulmozyme®
Sirop contre la toux
Super anti-inflammatoires (Vioxx®, Celebrex® et BextraMD)
Tamiflu®
Traitements en aérosols
Ventolin® : conservation
Vitamine E et fibrose kystique

TRANSPLANTATION

Greffe du pancréas
Pamplemousse
Transplantation et problèmes rénaux
Grossesse et transplantation pulmonaire
Groupes sanguins

SEXUALITÉ

Sperme
Vaginite
Ventolin® : relation sexuelle et exercice
ViagraMD

PATERNITÉ, MATERNITÉ

Fertilité masculine
Infertilité masculine

VIE SOCIALE

Contamination

GÉNÉRAL

Acné et Accutane®
Âge médian de survie
Assurance médicale à l'étranger
Clostridium difficile
Combinaison de gènes et espérance de vie
Dents jaunes
Don de sang
Ecstasy
Épilation
Gaz artériel
Maladies infantiles (variole, rougeole, rubéole, oreillons, etc.)
Mucoviscidose ou fibrose kystique du pancréas ?
Phases de recherche
Plantes d'intérieur
SARM/SAMR
Sports à éviter
Vaccin antipneumococcique
Vaccins antiviraux
Vaccin contre la grippe
Vaccins et voyage
Valeur prédite
Virus du donneur

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Plantes d'intérieur

Est-il vrai que l'on déconseille aux personnes atteintes de fibrose kystique de posséder des plantes d'intérieur? J'ai entendu dire que la terre humide était un véritable paradis pour les bactéries. Qu'en pensez-vous?

De prime abord, je ne défends pas aux personnes atteintes de fibrose kystique d'avoir des plantes d'intérieur. Il faut être conscient avant toute chose que tout notre environnement est peuplé de bactéries. De même, notre peau et notre tube digestif sont colonisés par plusieurs types de bactéries. Bien que la plupart de celles-ci soient inoffensives, certaines ont tout de même le potentiel de devenir dangereuses. C'est là que les défenses de l'organisme entrent en jeu pour nous protéger. Les bactéries présentes sur les plantes et dans la terre qui les entoure ne sont pas plus menaçantes que les autres bactéries de notre environnement.

Par ailleurs, considérant que l'incidence des allergies est plutôt élevée dans la population fibro-kystique, ce sont les réactions allergiques aux plantes qui seraient davantage à craindre. Néanmoins, très peu de plantes sont allergisantes. Nous savons toutefois que certains types d'arbustes, tels que les petits érables, peuvent produire des pollens allergisants. D'autre part, les acariens - petits parasites à fort potentiel allergique que l'on retrouve dans la poussière (tapis, literie) - se trouvent parfois également dans la terre des plantes. On recommande donc aux personnes allergiques aux acariens de ne pas garder de plantes dans leur chambre à coucher.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2003, no 27, page 38

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Ecstasy

Je suis un amateur de " rave " et… d'ecstasy. Croyez-vous que l'ecstasy soit plus dommageable pour les personnes atteintes de fibrose kystique que pour la population en général? Ne surestime-t-on pas les dangers de cette drogue?

Avant de répondre à votre question, expliquons d'abord en quoi consiste cette drogue. L'ecstasy est le nom courant pour désigner la MDMA (3, 4-méthylène-dioxy-métamphétamine). Il s'agit d'un dérivé de l'amphétamine qui fut synthétisé en 1914 et qui était alors utilisé comme médicament pour diminuer l'appétit. L'ecstasy a ensuite été utilisée dans les années 1970 et 1980 en psychothérapie; en effet, certains thérapeutes l'employaient alors parce qu'elle réduisait les inhibitions des patients et les amenait à parler plus ouvertement de leurs problèmes. L'ecstasy a connu un nouvel essor dans les années 80, lorsqu'elle a été adoptée comme drogue récréative au cours des " raves " dans les pays anglophones. Elle a ensuite été retirée du marché. Aujourd'hui, on peut se procurer de l'ecstasy sur le marché noir sous forme de comprimés ou de capsules.

L'action de l'ecstasy sur le cerveau se situe entre celle de l'amphétamine (stimulante) et celle de la mescaline (hallucinogène). Les consommateurs d'ecstasy adoptent également un comportement sensuel puisque la substance leur donne l'impression d'une proximité avec les autres. À faible dose, les effets indésirables sont plutôt bénins : baisse d'appétit, sécheresse de la bouche, palpitations, tension dans les mâchoires, insomnie, bouffées de chaleur et sudation. À la fin de la consommation, on peut avoir des symptômes de sevrage marqués par une certaine fatigue et un état dépressif variable. À plus forte dose toutefois, les conséquences peuvent être plus importantes. On peut en effet observer une fièvre importante, de l'hypertension artérielle ou, à l'inverse, une baisse de la tension artérielle, des troubles du rythme cardiaque, des hémorragies cérébrales ou digestives, des convulsions, une insuffisance hépatique ou rénale aiguë - complications potentiellement mortelles. Sur le plan psychiatrique, l'ecstasy peut provoquer de l'agitation accompagnée de panique, une psychose ou une dépression grave. Toutes ces complications peuvent survenir chez une personne saine. Enfin, une personne fibrose-kystique avec atteintes pulmonaire et digestive importantes m'apparaît plus à risque de développer des complications graves.


7 risques pour la santé*

  1. L'ecstasy provoque une déshydratation de l'organisme, souvent amplifiée par une atmosphère surchauffée et par un effort physique intense.

  2. Lorsque l'ecstasy est associée à d'autres drogues (cocaïne, LSD, speed, kétamine, GHB) et à l'alcool, la toxicité des substances ingérées augmente.

  3. Les personnes qui prennent déjà des médicaments s'exposent à une interaction médicamenteuse dangereuse, notamment avec l'aspirine®, certains antidépresseurs et certains médicaments utilisés dans le traitement du VIH.

  4. Les personnes qui souffrent d'asthme, de troubles circulatoires et cardiaques, d'épilepsie, de problèmes rénaux, de maladies du foie, de diabète, de fatigue chronique ou de problèmes psychologiques sont particulièrement vulnérables et devraient en tout temps s'abstenir de consommer de l'ecstasy.

  5. Les usagers réguliers font face aux mêmes risques que les usagers de la cocaïne ou d'amphétamines : confusion, agressivité, instabilité de l'humeur, insomnie, anxiété sévère, paranoïa, amaigrissement et faiblesse..

  6. Pour quelques-uns, la consommation peut entraîner ou révéler des troubles psychiques durables.

  7. On ne constate pas de dépendance physique à l'ecstasy, bien que certains usagers chroniques puissent développer une dépendance psychologique..

*Extrait de http://www.servicevie.com

 


Dr Michel Ruel

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Fertilité masculine  

J'ai 22 ans et suis atteint de fibrose kystique. Heureusement pour moi, je suis pour ainsi dire asymptomatique. Croyez-vous que les hommes fibro-kystiques peu atteints puissent être fertiles?

Malheureusement, le taux d'infertilité chez les hommes fibro-kystiques est très élevé (de 95 à 99 % selon les études), et ce, tant chez ceux qui ne sont atteints que légèrement que chez ceux qui ont une atteinte plus grave. En fait, même des hommes porteurs de mutation du gène de la fibrose kystique, qui n'ont pourtant aucune atteinte pulmonaire ou digestive propre à la fibrose kystique, présentent le même type de stérilité que les hommes fibro-kystiques, soit une absence ou une dégénérescence des canaux déférents (conduits qui amènent les spermatozoïdes du testicule au pénis).

Il demeure toutefois possible qu'un homme fibro-kystique puisse avoir un enfant qui aura ses propres gènes. En effet, on peut prélever des spermatozoïdes dans les testicules et féconder in vitro des ovules prélevés chez la conjointe. L'ovule fécondé peut ensuite être implanté dans l'utérus et mener à une naissance normale. Il s'agit toutefois d'une procédure coûteuse (environ 20 000 $) dont le succès n'est pas garanti.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2003, no 27, page 39

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Pancréatites

Je fais des pancréatites à répétition. J'aimerais bien comprendre comment il se fait que je sois une des rares personnes atteintes de fibrose kystique à vivre ce type de complication. J'aimerais comprendre comment se développe une pancréatite et comment en réduire la fréquence. Finalement, j'aimerais savoir s'il est possible de régler ce problème une fois pour toutes.

Il est vrai que la plupart des personnes fibro-kystiques ne font pas de pancréatite aiguë. De fait, dès la naissance, chez la majorité de ces personnes, les sécrétions pancréatiques sont tellement visqueuses qu'elles amènent une obstruction généralisée des canaux pancréatiques. Celle-ci entraîne une destruction du pancréas et il se forme alors un tissu cicatriciel avec kystes (d'où le nom " fibrose kystique du pancréas "). La production d'enzymes pancréatiques est alors très faible, et ces patients, dits " insuffisants pancréatiques ", sont tenus de prendre des enzymes en capsules, afin d'être en mesure d'absorber les nutriments.

Toutefois, une minorité de personnes fibro-kystiques peuvent être porteuses d'une mutation dite mineure sur l'un des chromosomes. Habituellement, ces mutations sont associées à une atteinte du système digestif beaucoup moins importante. Chez ces personnes dites " suffisantes pancréatiques ", les sécrétions pancréatiques sont moins visqueuses, la production d'enzymes pancréatiques est suffisante et le tissu pancréatique est relativement bien conservé. Elles ne souffrent pas de malabsorption et ne se voient donc pas contraintes à prendre des enzymes en capsules à chaque repas. Il n'en demeure pas moins que leurs sécrétions pancréatiques sont plus visqueuses que chez la population en générale et peuvent causer une obstruction, laquelle peut amener une accumulation d'enzymes dans le tissu pancréatique sain. Il se produit alors une véritable " autodigestion " d'une partie du pancréas, ce qui entraîne une réaction inflammatoire aiguë et la douleur caractéristique d'une pancréatite aiguë. D'autre part, l'obstruction peut également être causée par un calcul biliaire (pierre) qui se forme habituellement dans la vésicule biliaire (ces calculs sont plus fréquents chez les personnes atteintes de fibrose kystique que dans la population générale). Ce calcul peut bloquer le canal pancréatique principal et causer une pancréatite aiguë.

Par ailleurs, une pancréatite peut également être causée par une toxicité directe produite par l'alcool ou certains médicaments. Un taux trop élevé de triglycérides ou de calcium dans le sang peut aussi entraîner une pancréatite. Plusieurs formes de pancréatites peuvent donc être prévenues, sauf celles qui sont reliées à une viscosité trop élevée des sécrétions pancréatiques.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2003, no 27, pages 39-40


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Ibuprofène et cicatrisation

Est-il vrai que des études récentes ont démontré que l'ibuprofène nuirait à la cicatrisation et, par conséquent, ne serait pas du tout recommandé aux personnes atteintes de fibrose kystique?

Il existe deux grandes classes d'anti-inflammatoires : les anti-inflammatoires stéroïdiens (cortisone) et les non stéroïdiens (ibuprofène et plusieurs autres). Même s'il est clair que les anti-inflammatoires stéroïdiens peuvent nuire à la cicatrisation, il n'existe, à ce jour, aucune étude convaincante qui démontre que l'ibuprofène ou d'autres anti-inflammatoires non stéroïdiens auraient le même effet sur le processus de cicatrisation.

Par ailleurs, une première étude américaine a démontré que l'action anti-inflammatoire de l'ibuprofène pouvait possiblement retarder la détérioration de la condition respiratoire chez les personnes atteintes de fibrose kystique. L'effet serait plus important chez les personnes jeunes dont l'atteinte pulmonaire est peu importante. Une étude pancanadienne regroupant plusieurs cliniques de fibrose kystique (dont certaines du Québec) sera bientôt achevée et viendra confirmer ou infirmer les résultats de l'étude américaine.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2003, no 27, page 40

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Hypertrophie du cœur et fibrose kystique

Est-il vrai qu'avec le temps et l'aggravation de la maladie, le ventricule droit devient plus gros? Si tel est le cas, y voyez-vous un danger? Croyez-vous que le cœur reprend sa forme normale après une transplantation pulmonaire?

La partie droite du cœur peut en effet être atteinte lors de la phase très avancée d'une maladie pulmonaire telle que la fibrose kystique. La baisse du taux d'oxygène dans le sang entraîne une hausse de la pression dans les artères pulmonaires par contraction des vaisseaux. Cette pression élevée nuit à la partie droite du cœur dont le rôle est de pousser le sang du système veineux périphérique vers les poumons. À lutter ainsi, la partie droite du cœur s'affaiblit, ce qui provoque sa dilatation. Le ventricule droit ainsi élargi et affaibli laisse alors s'accumuler le sang veineux en périphérie, ce qui cause la formation d'œdème (enflure par rétention de liquide) surtout visible dans la région des membres inférieurs.

Le moyen le plus efficace pour éviter l'insuffisance cardiaque droite est d'oxygéner le mieux possible le sang par des suppléments d'oxygène fournis par lunette nasale ou par masque. Si toutefois, une atteinte du cœur droit survient quand même, celle-ci s'avère réversible après une transplantation pulmonaire réussie : le cœur reprend alors sa forme et sa force normales.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2003, no 27, page 40

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Extinction de voix

Après une antibiothérapie, un mauvais rhume ou une grippe, il m'arrive souvent d'avoir une extinction de voix. J'aimerais bien comprendre ce phénomène physiologique. Comment expliquez-vous ce type de réaction? Pourquoi y suis-je plus sensible qu'une autre personne? Bien que l'extinction de voix ne soit pas douloureuse, est-ce possible d'en réduire la fréquence?

L'extinction de voix associée au rhume ou à la grippe, aussi appelée laryngite, est provoquée par l'atteinte inflammatoire du larynx et des cordes vocales par le virus lui-même, et non par les antibiotiques. L'œdème inflammatoire causé par le virus peut être augmenté par la toux fréquente, qui provoque une irritation mécanique supplémentaire du larynx. Le rhume peut être responsable de la toux, de même que la bronchite qui succède souvent au rhume. De plus, le fait de parler longtemps et d'une voix forte peut contribuer à entretenir l'inflammation des cordes vocales. Un repos des cordes vocales s'avère souvent nécessaire pour récupérer une voix normale.

Certaines personnes sont par ailleurs plus vulnérables aux atteintes des cordes vocales. C'est le cas notamment des chanteurs et des enseignants, qui utilisent beaucoup leurs cordes vocales. Les fumeurs sont également sensibles aux extinctions de voix (la fumée du tabac est un irritant important de tout le système respiratoire). Enfin, les personnes présentant une toux chronique, comme les personnes atteintes de fibrose kystique, sont aussi sujettes aux extinctions de voix. Chez ces dernières toutefois, le respect de tous les aspects du traitement respiratoire visant à réduire au minimum cette toux chronique rendra les cordes vocales moins vulnérables.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2005, no 29, page 37

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Sinusite aigüe

J'ai un problème de sinus qui m'empoisonne la vie. Je suis une véritable mine d'or pour mon chirurgien. J'aimerais en finir une fois pour toutes avec ce problème. Croyez-vous qu'il est possible de boucher ou d'extraire les sinus supérieurs frontaux d'un patient? Si oui, quels sont les risques d'une telle intervention?

Le problème de sinusite est presque universel chez les personnes fibro-kystiques, et il est souvent amplifié par la présence de polypes nasaux. La sinusite aiguë se traite avec des antibiotiques, mais il persiste toujours un certain degré de sinusite chronique qui, heureusement, occasionne moins de symptômes. Les polypes nasaux sont quant à eux plus symptomatiques : ils obstruent le passage de l'air dans le nez et nuisent à l'odorat. Il est possible de subir une intervention chirurgicale en oto-rhino-laryngologie au cours de laquelle on procédera à l'ablation des polypes. Toutefois, malgré la chirurgie et un traitement préventif utilisant la cortisone localement en jet (Nasonex®, Nasacort®), souvent les polypes réapparaissent. Il est alors nécessaire de subir une nouvelle intervention chirurgicale. Bien qu'on puisse parfois procéder à des chirurgies complexes, il n'existe aucune intervention permettant de boucher ou d'extraire les sinus.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2005, no 29, page 37

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Cortisol

Dernièrement, on a diagnostiqué chez moi un problème de cortisol. D'après mon médecin, mon taux de cortisol dans le sang serait trop bas, ce qui expliquerait l'important manque d'énergie que je ressens. Pouvez-vous m'expliquer ce qu'est au juste le cortisol? D'où provient-il? Quelles sont ses propriétés? Pourquoi certaines personnes atteintes de fibrose kystique sont-elles plus susceptibles que d'autres d'éprouver un problème de production ou de distribution de cortisol? Peut-on facilement venir à bout de ce type de problème?

Le cortisol, aussi appelé cortisone, est une hormone produite par une glande située au-dessus de chacun des deux reins, d'où son nom de glande " surrénale ". Cette hormone, qui est sécrétée en plus grande quantité lors des périodes de stress, exerce des fonctions multiples, trop nombreuses pour être toutes énumérées dans ce texte. Mentionnons toutefois qu'elle sert à maintenir un bon niveau d'énergie et à assurer la stabilité de la tension artérielle. De plus, lorsque produite en dose élevée, elle exerce une action anti-inflammatoire, mais peut également diminuer les défenses de l'organisme et élever le taux de sucre dans le sang.

Les personnes atteintes de fibrose kystique n'ont pas plus de problèmes de production ou de distribution du cortisol que la population en général, car le gène de la fibrose kystique n'affecte pas la glande surrénale. Toutefois, les patients fibro-kystiques sont susceptibles de prendre - en pilule ou en injection - de la cortisone ou un produit ayant des effets semblables, telle la prednisone, pour traiter un asthme ou une aspergillose broncho-pulmonaire allergique.

Si, lors d'un tel traitement, la quantité de cortisone absorbée est supérieure à celle que produit quotidiennement l'organisme et que cela se poursuit sur une période de plus de deux semaines, les glandes surrénales se mettent alors en mode de repos. Et lorsque cesse l'apport oral de cortisone, les glandes surrénales peuvent être temporairement trop paresseuses pour produire leur propre cortisone en quantité suffisante, et ce, particulièrement lors des périodes de stress physique (infection ou intervention chirurgicale). On parle alors d'insuffisance surrénalienne, et les symptômes en sont la fatigue, la faiblesse, les nausées, les vomissements, la diarrhée et la baisse de tension artérielle pouvant aller jusqu'au choc. Le traitement consiste alors à redonner de la cortisone en pilule ou en injection, selon la sévérité du cas.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2005, no 29, page 36

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Cipro® et entrainement

Je suis un obsédé de la forme physique. Depuis plusieurs années, je fais de l'haltérophilie sur une base régulière et cherche à accroître ma masse musculaire. Dernièrement, j'ai été contraint de prendre de la Cipro® (ciprofloxacine) pour contrôler un début d'infection pulmonaire. J'ai poursuivi mon entraînement physique pendant le traitement malgré l'apparition de douleurs articulaires. Est-il possible que la Cipro® soit responsable de ces douleurs? Sachant que la douleur était supportable, voyez-vous quand même un danger à ce que je maintienne mon programme d'entraînement lorsque je me traite à la Cipro®?

Je répondrai affirmativement à votre question initiale : il est en effet possible que la Cipro® puisse être la cause de vos douleurs articulaires. Toutefois, cet effet indésirable est rare. Personnellement, j'ai prescrit beaucoup de Cipro® à des patients - fibro-kystiques et autres - et jamais encore je n'ai observé cette réaction. L'origine de ces douleurs peut être tout autre et le fait qu'elles soient survenues en même temps que la prise de Cipro® ne constitue peut-être qu'un hasard. Est-il possible qu'elles aient été provoquées par un entraînement intensif? Ou encore par une infection virale qui entraîne souvent des douleurs musculaires et parfois articulaires? Il faut également se demander si ces douleurs ne sont pas reliées à un processus inflammatoire causé par l'ostéoarthropathie hypertrophique. Il s'agit du syndrome clinique qui comprend notamment l'hippocratisme digital, ainsi que des articulations douloureuses et enflées. Il affecte également les extrémités des os longs et les articulations adjacentes (chevilles et genoux principalement, mais aussi les poignets). Ce problème n'est pas rare chez les personnes fibro-kystiques, et les poussées inflammatoires surviennent souvent à l'occasion d'exacerbations des infections pulmonaires.

En somme, je conseille à mes patients de ne pas se priver de Cipro® lorsque celle-ci est indiquée pour une infection respiratoire. Je leur recommande également de poursuivre leurs activités habituelles pendant le traitement. Toutefois, en période d'infection respiratoire sérieuse, il y a lieu de diminuer ou de cesser temporairement le programme d'entraînement physique.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2005, no 28, page 44

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Méthadone

Pourriez-vous m'expliquer ce qu'est la méthadone et en quoi elle se distingue des autres narcotiques? Comment expliquez-vous que seuls quelques spécialistes soient autorisés à la prescrire?

La méthadone est un médicament de la classe des opiacés, laquelle comprend entre autres l'héroïne, la morphine et la codéine. C'est un analgésique narcotique (médicament antidouleur) puissant qui a une longue durée d'action. Cette dernière, qui peut aller de 36 à 48 heures, et le fait que la méthadone soit administrée sous forme de comprimés ont rendu cette substance d'une grande utilité pour traiter les toxicomanies aux opiacés, et ce, tant pour les désintoxications à court terme que pour celles à long terme. De fait, jusqu'à récemment, ce produit était utilisé presque exclusivement pour traiter les toxicomanies, et la prescription en était réservée à certains médecins œuvrant dans ce domaine. Toutefois, à la fin de juin 2004, la Régie de l'assurance maladie du Québec nous annonçait que le Métadol® (nom commercial de la méthadone) était dorénavant inscrit comme médicament d'exception pour le traitement de la douleur cancéreuse et de la douleur chronique. Comme c'est le cas pour les autres médicaments d'exception, le Métadol® n'est autorisé que lorsque les traitements usuels ne fonctionnent pas.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2005, no 29, page 38

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