|
Chronique santé
Les questions et réponses de cette chronique ont été
tirées des numéros antérieurs de la revue SVB.
Toutes les informations contenues dans cette section sont vérifiées
et actualisées périodiquement par le Dr Michel Ruel du Centre
hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), pavillon CHUL.
L'intérêt de cette chronique réside dans le fait qu'elle
répond aux questions que les patients fibro-kystiques adressent
le plus fréquemment à leur médecin spécialiste
en fibrose kystique. En cliquant sur le sujet de votre choix, vous aurez
accès aux questions et réponses en rapport avec le thème
sélectionné.
Cliquez-moi Version PDF (1092 Ko)
SYMPTÔMES
Anémie et fibrose kystique
Artériosclérose et maladies cardiaques
Arythmie et tachycardie
Candida
albicans
CO2 et débit doxygène
Diabète et fibrose kystique
Extinction de voix
Fièvre
Hémoptysies
Hippocratisme digital
Hypertrophie du coeur et fibrose kystique
Intolérance au sucre
Mauvaise haleine
Rate hypertrophiée
Reflux gastro-sophagien
Retard de croissance
Pancréatites
Pneumothorax
Polypes nasaux et odorat
Pseudomonas
multirésistant
Sinusite aigüe
Soif
TRAITEMENTS
Antibiotiques
Antibiotiques et bactéries multirésistantes
Antibiotiques et durée des traitements
Antibiotiques, flore intestinale et probiotiques
Antibiotiques intraveineux et exposition au soleil
Antibiotiques : lait et alcool
Antibiotiques et vitamines
Cipro® et entraînement
Tobi®
Anticorps monoclonaux
Cathéter long périphérique
P.A.S. Port et Port-O-Cath
Corticostéroïdes
: action et effets indésirables
Cortisol
Cyclosporine : actions et effets indésirables
Désensibilisation
Enzymes pancréatiques
Ibuprofène
Ibuprofène et cicatrisation
Méthadone
Oméga-3
Oxygénothérapie
Poids et gavage
Pulmozyme®
Sirop contre la toux
Super
anti-inflammatoires (Vioxx®, Celebrex® et BextraMD)
Tamiflu®
Traitements en aérosols
Ventolin® : conservation
Vitamine E et fibrose kystique
TRANSPLANTATION
Greffe du pancréas
Pamplemousse
Transplantation et problèmes rénaux
Grossesse et transplantation pulmonaire
Groupes sanguins
SEXUALITÉ
Sperme
Vaginite
Ventolin® : relation sexuelle et exercice
ViagraMD
PATERNITÉ, MATERNITÉ
Fertilité masculine
Infertilité masculine
VIE SOCIALE
Contamination
GÉNÉRAL
Acné
et Accutane®
Âge médian de survie
Assurance médicale à l'étranger
Clostridium
difficile
Combinaison de gènes et espérance de vie
Dents jaunes
Don de sang
Ecstasy
Épilation
Gaz artériel
Maladies infantiles (variole, rougeole, rubéole, oreillons, etc.)
Mucoviscidose ou fibrose kystique du pancréas ?
Phases de recherche
Plantes d'intérieur
SARM/SAMR
Sports à éviter
Vaccin antipneumococcique
Vaccins antiviraux
Vaccin contre la grippe
Vaccins et voyage
Valeur prédite
Virus du donneur
Vaccins antiviraux
L'année dernière, j'ai subi une transplantation pulmonaire. Étant donné que je suis en pleine forme, je compte réaliser le rêve de ma vie : un voyage en Afrique centrale. Existe-t-il des risques à ce que je reçoive des vaccins antiviraux? Dans l'affirmative, que dois-je faire pour me prémunir contre les risques d'infection?
Vous n'avez pas choisi la destination la plus sécuritaire pour un transplanté
pulmonaire, même en bonne forme! En effet, le risque de contracter une
infection en Afrique centrale n'est pas négligeable, à moins de séjourner
dans les grands hôtels. De plus, la qualité des soins prodigués dans ces
pays est généralement loin de la norme nord-américaine. Cela dit, nous
avons communiqué avec un spécialiste en infectiologie pour répondre à
votre question. Effectivement, il croit qu'il y a un risque théorique
en ce qui concerne les vaccins antiviraux : comme ceux-ci stimulent l'immunité
de l'organisme, ils pourraient, théoriquement, favoriser une réaction
de rejet des poumons transplantés. Aussi, dans le doute, il serait préférable
de s'abstenir. Toutefois, il vous est tout de même possible d'utiliser
d'autres mesures préventives efficaces : ainsi, pour l'hépatite A, en
remplacement du vaccin, on peut administrer des gamma-globulines en injection.
Il s'agit d'anticorps offrant une bonne protection temporaire. Par ailleurs,
la malaria et les infections intestinales sont très fréquentes dans ces
pays. En ce qui concerne la malaria, la protection contre les moustiques
(optez pour l'antimoustiques ayant la plus forte concentration de DEET
et dormez toujours sous une moustiquaire) et la prise de médicaments antipaludisme
oraux avant, pendant et après le séjour demeurent indiquées. Pour contrer
les infections entériques causant fièvre et diarrhée, les précautions
habituelles (consommation d'eau embouteillée ou de boissons bouillies,
pelage des fruits et légumes consommés crus) et l'utilisation de ciprofloxacine,
si malgré tout vous contractez la diarrhée des voyageurs, sont également
de mise. Donc, avant tout voyage dans un pays " exotique ", il est important
de consulter un spécialiste dans une clinique spécialisée dite " clinique
des voyageurs " afin de bénéficier des mesures de prévention optimales
adaptées aux pays visités et à l'état de santé du voyageur.
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Automne 1999, no 24, pages 26-27
Vaccin contre la grippe
Tous les automnes, mon médecin insiste sur l'importance de recevoir le vaccin contre la grippe. Personnellement, je ne suis pas convaincue de l'importance de cette intervention. Ce vaccin est-il réellement efficace? N'est-il pas dangereux de recevoir des vaccins année après année? Comment expliquez-vous les effets indésirables s'apparentant à la grippe que ressentent certaines personnes?
Avant de répondre à cette question de même qu'à la suivante, je voudrais
apporter des précisions au sujet de la grippe. La " vraie grippe " est
causée par des virus appelés virus de " l'influenza ". Il n'en existe
que quelques dizaines, mais ces virus causent des infections respiratoires
généralement plus sérieuses qu'un simple rhume, lequel est causé par d'autres
virus respiratoires, nettement plus nombreux. Alors que la grippe s'accompagne
de fortes fièvres, de maux de tête et de douleurs musculaires en plus
des symptômes respiratoires (maux de gorge, congestion nasale, toux),
le rhume se manifeste uniquement par les symptômes respiratoires, sans
les autres symptômes si ce n'est une légère fièvre. Les infections respiratoires
virales s'accompagnent parfois d'infections bactériennes (otites, sinusites,
bronchites et pneumonies). Ces complications sont plus fréquentes et plus
sérieuses dans le cas de la grippe que du rhume. Elles sont aussi plus
fréquentes chez les personnes âgées ainsi que chez les porteurs de maladies
chroniques, comme la fibrose kystique. D'où l'importance de protéger particulièrement
ces deux groupes.
Heureusement, il existe depuis plusieurs années un vaccin contre la grippe.
Ce vaccin n'offre toutefois aucune protection contre les autres virus
respiratoires plus nombreux qui causent le rhume. Son efficacité est d'environ
80 % chez les jeunes adultes; toutefois, il doit être administré annuellement,
car, d'une part, il n'offre pas de protection à long terme et d'autre
part, il vise une sélection différente de virus chaque année.
Outre la sensibilité locale légère au site de l'injection, le vaccin peut parfois provoquer les symptômes d'une " mini-grippe " soit une légère fièvre avec malaises musculaires avec ou sans symptômes respiratoires mineurs, mais ces effets indésirables durent habituellement 24 heures ou, au plus, 48 heures. Ils sont explicables par la mobilisation du système immunitaire (globules blancs et anticorps) provoquée par le vaccin.
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Novembre 2000, no 25, pages 37-38
Ventolin® : conservation
Est-ce vrai qu'il est préférable de conserver le Ventolin® destiné à l'aérosolthérapie dans un milieu réfrigéré? Si tel est le cas, pourriez-vous en expliquer la raison?
En ce qui concerne la conservation du Ventolin®utilisé en aérosolthérapie, précisons d'abord que les doses unitaires de type nébule doivent être utilisées après ouverture et ne peuvent pas être conservées une fois ouvertes.
Par contre, les contenants multidoses contiennent un agent de conservation. Lorsqu'ils ne sont pas encore ouverts, ils doivent être entreposés à l'abri de la lumière à une température inférieure à 25°C jusqu'à la date de péremption indiquée sur la bouteille.
Une fois le contenant multidoses ouvert, les conditions d'entreposage influenceront la stabilité et la stérilité du produit. Pour ce qui est de sa stabilité, nous pouvons garantir une utilisation sécuritaire et efficace jusqu'à 30 jours après l'ouverture du contenant (qui doit être conservé à l'abri de la lumière entre les utilisations). La stérilité du produit (absence de contamination par les microbes), quant à elle, dépend surtout de la technique de manipulation utilisée; c'est-à-dire de la personne qui prépare le produit et de l'environnement dans lequel il est préparé. Ainsi, il est important de prélever la solution de la façon la plus stérile possible, de fermer le flacon dès qu'on a prélevé la solution et de ne pas l'ouvrir inutilement par la suite. Malgré ces précautions, une contamination est toujours possible. Il faut vérifier l'apparence de la solution avant l'utilisation : si elle renferme des particules, semble altérée ou décolorée, ou bien si on doute de sa stérilité, il faut la jeter. Par ailleurs, de façon générale, l'entreposage au réfrigérateur d'un flacon déjà ouvert pourra diminuer la prolifération des microbes d'une solution déjà légèrement contaminée.
En somme, nous recommandons l'entreposage des flacons non ouverts à la température ambiante et à l'abri de la lumière. Une fois ouverts, ceux-ci peuvent être conservés pour une période maximale de 30 jours, soit à la température ambiante, soit au réfrigérateur.
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Hiver 1993, no 16, pages 25-26
Ventolin®
: relation sexuelle et exercice
Juste avant d'avoir une relation sexuelle, je prends du Ventolin® pour dégager mes bronches et ainsi m'éviter de tousser. Mais j'ai lu que le Ventolin® pouvait avoir des effets néfastes, l'un de ceux-ci étant des complications cardiaques. Le Ventolin® me fait déjà trembler. Pourrait-il y avoir des risques, dans mon cas, à faire usage du Ventolin® avant une relation sexuelle?
Le Ventolin® est prescrit chez les personnes fibro-kystiques parce que plus de la moitié d'entre elles souffrent d'une hyperréactivité bronchique, qui peut toutefois varier dans le temps. L'hyperréactivité bronchique, qu'on retrouve aussi chez tous les asthmatiques, peut se définir comme une trop grande sensibilité des bronches qui amènent celles-ci à réagir de façon excessive lorsqu'elles sont irritées. L'une de ces façons de réagir se nomme le bronchospasme; il s'agit d'une contraction du muscle qui entoure la bronche et qui réduit ainsi son calibre. Le Ventolin® est un médicament bronchodilatateur : il prévient la contraction et amène la dilatation du muscle bronchique, ce qui garde la bronche " ouverte ". Précisons que parmi les stimuli qui peuvent amener les bronches à réagir de façon excessive, on retrouve, entre autres, les allergènes, les irritants non spécifiques (odeurs fortes, fumée de cigarette, air froid), les infections respiratoires et également l'exercice. Considérant ce dernier stimulus, on sait que le bronchospasme provoqué par l'effort physique peut être prévenu par le Ventolin® lorsqu'on le prend de 15 à 20 minutes avant l'exercice.
Compte tenu de ces données, la personne fibro-kystique qui présenterait
une hyperréactivité bronchique se manifestant à la suite d'un effort physique
pourrait bénéficier de la prise de Ventolin® avant un effort
physique (amoureux ou sportif)! L'aérosol-doseur apparaîtrait alors plus
approprié que le nébuliseur. Les traitements peuvent être répétés, mais
doivent être espacés d'environ six heures. Le recours aux dispositifs
utilisant une poudre de Ventolin® (RotacapsMD, Ventodisk®)
est tout aussi efficace et demande moins de coordination. D'autres médicaments
de la même classe, tels que Berotec®, Bricanyl®
et ProAir® peuvent être également utilisés. Enfin, des médicaments
plus récents, tels que Accolate® et Singulaire®
peuvent parfois être ajoutés dans des cas où l'hyperactivité bronchique
due à l'effort persiste en dépit de la médication habituelle. Ces médicaments
plus récents ne doivent toutefois pas être utilisés seuls pour soulager
les bronchospasmes à l'effort.
Les effets indésirables du Ventolin® (et des autres médicaments de la même classe) se limitent généralement à un tremblement des extrémités et à la tachycardie (accélération du rythme cardiaque). Ces effets indésirables sont bénins et peuvent être éliminés en diminuant la dose et en évitant de répéter les doses à intervalles trop rapprochés.
Bon " exercice "!
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Été 1993, no 17, pages 30-31
Phases de recherche
Lorsqu'il est question de recherche en fibrose kystique, on entend souvent parler des phases I, II, III et IV. À quoi ces phases font-elles référence? Doit-on tenir compte de ces phases dans la décision de se porter candidat pour l'une ou l'autre de ces recherches?
En recherche clinique, les études sont effectivement classifiées en phases I, II, III, et IV. Les études de phase I évaluent la sécurité d'un médicament et sont effectuées sur un petit nombre de volontaires sains. Ces études permettent d'évaluer ce qui arrive au médicament dans le corps humain. Les effets indésirables sont donc examinés de près.
Les études de phase II impliquent un plus grand nombre de personnes et
donnent de l'information sur la façon dont le médicament fonctionne, de
même que sur ses effets bénéfiques et indésirables. Ces études sont randomisées
et à double insu, ce qui signifie qu'un groupe de patients reçoit le nouveau
médicament et qu'un autre groupe reçoit le médicament standard ou bien
un placebo (produit inerte). Jusqu'à ce que l'étude soit terminée, ni
les patients ni les chercheurs qui travaillent directement avec les patients
ne savent lequel des deux groupes prend le nouveau médicament.
Les études de phase III sont un peu semblables aux études de phase II, sauf qu'elles incluent un plus grand nombre de personnes (des milliers) et qu'elles peuvent durer plusieurs années. Ces études donnent aux chercheurs une bonne idée de l'efficacité, des bénéfices et des effets indésirables du nouveau médicament. Dans ce cas également, les études sont habituellement randomisées et à double insu. Une fois l'étude de phase III terminée avec succès, la compagnie pharmaceutique ayant mis au point le nouveau médicament peut alors déposer auprès des autorités gouvernementales une demande de commercialisation.
Lorsque le nouveau médicament est admis sur le marché, on effectue souvent
des études de phase IV. Le but de ces études consiste à évaluer le bénéfice
à long terme du médicament, ainsi qu'à comparer le rapport coût / bénéfice
du nouveau médicament par rapport au traitement traditionnel. La phase
IV permet aussi de déterminer si le médicament aurait d'autres usages
possibles.
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2001, no 26, pages 42-43
Grossesse et transplantation pulmonaire
Je suis en attente d'une transplantation pulmonaire. Après ma greffe, je veux avoir un enfant. Ma question comporte quatre volets.
- On m'a dit que les médicaments que je devrai prendre après l'opération ont des effets sur le fœtus. Est-ce vrai?
Les médicaments immunosuppresseurs présentent de forts risques d'effets indésirables importants chez les fœtus, les ovules et les spermatozoïdes, de sorte qu'une grossesse est contre-indiquée pendant la prise régulière de médicaments post-transplantation. Nous savons très peu de choses sur la grossesse post-transplantation, car peu d'études ont porté sur la question. Néanmoins, la grossesse est possible, bien que les complications sérieuses soient chose courante, tant chez la mère que chez le nouveau-né.
- Puis-je avoir recours aux services d'une mère porteuse au Québec? Comment dois-je procéder?
Au Québec, actuellement, il n'existe pas de réseau assurant les services d'une mère porteuse. Bien que la question des mères porteuses soit controversée, cette procédure est légale au Canada, à la condition que ce service ne soit pas fourni contre rémunération.
- Si les médicaments sont dangereux pour le fœtus, est-ce possible qu'ils affectent aussi les ovules que je produirai? Devrais-je tout de même me faire prélever des ovules et les faire congeler avant ma transplantation? Il semble que pour prélever des ovules, on doive injecter de fortes doses d'hormones. J'hésite donc, car je crains que ces hormones affectent négativement mon état de santé avant la transplantation.
Les ovules ne peuvent pas être congelés pour un usage ultérieur, contrairement aux embryons (ovules fécondés par un spermatozoïde). Par ailleurs, un confrère gynécologue m'a expliqué qu'il ne serait pas prêt à injecter de fortes doses d'hormones pour prélever des ovules chez une femme fibro-kystique. Il ne le fait actuellement que chez des femmes en parfaite santé.
-Une personne fibro-kystique et diabétique peut-elle
utiliser la pilule anticonceptionnelle comme moyen contraceptif?
Il n'y a aucune contre-indication à ce qu'une femme fibro-kystique et
diabétique prenne des contraceptifs oraux.
Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / décembre 1990, no 12, page 34
Vaginite
Est-ce vrai que les femmes atteintes de fibrose
kystique sont plus susceptibles d'être affectées par des vaginites? Si
oui, pourriez-vous m'expliquer pourquoi il en est ainsi? Y a-t-il moyen
d'éviter ce genre d'infection? La pilule (anticonceptionnelle) agit-elle
dans un sens ou dans l'autre?
Les femmes fibro-kystiques sont effectivement plus sensibles aux vaginites,
et plus particulièrement à celles causées par le champignon Candida albican.
Il faut savoir que le vagin contient normalement de " bonnes " bactéries
qui jouent un rôle important de protection contre d'autres infections
plus graves. Les personnes fibro-kystiques doivent très fréquemment prendre
des antibiotiques par voie orale et par voie intraveineuse. Or, ces antibiotiques
peuvent détruire les bactéries se trouvant normalement dans le vagin,
ce qui affecte l'équilibre normal et favorise l'apparition des champignons.
Ces derniers entraînent alors des démangeaisons et des sécrétions plus
abondantes et plus épaisses dans le vagin. L'infection peut gagner aussi
la vulve et y provoquer rougeurs et démangeaisons.
La susceptibilité de contracter ce type d'infection varie d'une personne
à l'autre, de sorte qu'on ne propose généralement pas de traitement préventif.
Il existe toutefois, pour ces infections à champignons, plusieurs types
de traitements locaux très efficaces à base de crème et d'ovules vaginaux.
Des antifongiques oraux peuvent être utilisés également.
Enfin, une augmentation de l'incidence des vaginites à champignons a été
signalée chez les utilisatrices de contraceptifs oraux, mais ce problème
s'avère moins important qu'avec les antibiotiques.
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / jan. 1992, no 14, page 30
Infertilité masculine
J'ai 23 ans. Ma conjointe et moi aimerions beaucoup savoir si je suis stérile ou non. J'ai entendu dire qu'il est possible pour moi de passer un spermogramme. Pouvez-vous m'expliquer en quoi consiste un spermogramme? Peut-on se fier à ce procédé à 100 %? J'aimerais aussi que mes résultats ne soient pas connus de l'équipe soignante. Que me conseillez-vous?
Un spermogramme est tout simplement l'analyse du sperme obtenu par voie de masturbation après deux ou trois jours d'abstinence. Le liquide recueilli dans un tube doit être maintenu à la température du corps et apporté au laboratoire dans l'heure qui suit. Le sperme est alors examiné au microscope : les spermatozoïdes sont comptés, et leur forme et leur mobilité sont vérifiées.
On doit savoir que plus de 95 % des hommes fibro-kystiques souffrent d'infertilité. Le problème provient des canaux qui transportent les spermatozoïdes des testicules (où ils sont produits) jusqu'à l'urètre. En effet, chez les hommes atteints de fibrose kystique, ces canaux sont défectueux ou complètement absents. L'infertilité est donc reliée au problème de transport des spermatozoïdes.
Ainsi, sur le spermogramme d'un homme fibro-kystique, il est fréquent de constater une absence totale de spermatozoïdes. Dans un tel cas, on peut être sûr à 100 % de la fiabilité du test pour un diagnostic d'infertilité. En ce qui concerne la confidentialité, sachez que tout médecin peut prescrire un spermogramme, mais que cet examen n'est pas offert dans tous les hôpitaux. Toutefois, il m'apparaît utile que votre médecin à la clinique de fibrose kystique soit au courant des résultats. Les tests de fertilité sont souvent un sujet très délicat. Quels que soient les résultats de votre test, vous pourrez profiter du soutien qu'une personne de la clinique de fibrose kystique peut vous offrir.
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / jan. 1992, no 14, page 30
Sports à éviter
Je pratique différents sports, dont la balle-molle,
le volley-ball et le badminton. Depuis un certain temps, je rêve de faire
de la plongée sous-marine. Étant donné que j'ai une atteinte plutôt légère
de la maladie, croyez-vous qu'il y ait des dangers à ce que je pratique
ce sport? J'aimerais également avoir votre opinion au sujet du saut en
parachute?
En réponse à notre sportif, je dirai d'abord que la pratique de la plongée sous-marine n'est pas vraiment un sport approprié pour les personnes fibro-kystiques. En effet, la plupart des adolescents et des adultes fibro-kystiques ont au moins une atteinte pulmonaire légère, laquelle peut entraîner la présence de bulles d'emphysème qui pourraient ne pas être visibles sur une radiographie pulmonaire. Ces bulles consistent en des zones fragiles des poumons endommagés, où les parois des alvéoles ont formé de grandes poches creuses. Or, les changements de pression occasionnés par la plongée risquent de faire éclater ces bulles et de causer un pneumothorax.
Par ailleurs, en ce qui concerne le saut en parachute, les hauteurs atteintes en avion n'amènent que de légers changements de la pression atmosphérique et de la pression en oxygène. Il n'y aurait pas de contre-indication absolue à faire du parachutisme pour les gens qui ont une atteinte pulmonaire légère. Il faudrait cependant, à mon avis, que leur état soit stable et qu'il n'y ait aucune exacerbation d'infection. Il serait donc très important qu'une réévaluation soit effectuée par le médecin de votre clinique de fibrose kystique avant d'entreprendre ce type d'activité.
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Hiver 1993, no 16, pages 25-26
Mucoviscidose ou fibrose
kystique du pancréas ?
J'ai 33 ans et je suis atteint de fibrose kystique
- longtemps appelée fibrose kystique du pancréas. Je suis un vieux routier
de la maladie. Je sais qu'en Europe on la nomme plutôt " mucoviscidose
". Trouvez-vous que ce dernier terme décrit mieux la maladie?
Je suis bien d'accord avec vous! Le terme " fibrose kystique du pancréas
" ne rend pas compte de toute l'étendue de cette maladie; il ne décrit
que les changements survenant au pancréas. Toutefois, le nom utilisé actuellement
est " fibrose kystique " tout court : il englobe donc aussi les changements
survenant aux poumons, notamment la fibrose et la formation de kystes.
Le terme " mucoviscidose " (mucus visqueux) utilisé en Europe tient davantage
compte des aspects physiopathologiques que descriptifs de la maladie;
ce terme n'inclut pas toutefois les désordres des glandes sudoripares
qui produisent une sueur trop salée. Tant l'excessive viscosité du mucus
que la sueur trop salée sont caractéristiques de la maladie. Ils résultent
du défaut de transport des électrolytes (ions, surtout le chlore) dans
les cellules. Ces deux aspects sont fondamentaux dans notre compréhension
de la maladie, et aucun des deux termes n'en tient compte.
En conclusion, aucune dénomination n'est parfaite, mais " mucoviscidose
" pourrait effectivement mieux désigner la maladie.
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Hiver 1996, no 20, pages 24-25
Contamination
Je m'apprête à faire une demande au cégep en techniques
de laboratoire médical. Mon ambition est de travailler dans un laboratoire
de centre hospitalier. Étant donné que les techniciens de laboratoire
doivent manipuler des bactéries, des virus et des parasites, croyez-vous
que mon choix est inapproprié en regard des risques de contamination?
Loin de moi l'idée de vous décourager dans votre ambition de travailler
comme technicien de laboratoire dans un centre hospitalier. Soulignons
d'abord que ce ne sont pas tous les techniciens de laboratoire qui manipulent
des microbes, mais seulement ceux qui travaillent en microbiologie. En
effet, certains techniciens en biochimie et en hématologie sont rarement
exposés aux microbes. Toutefois, même en microbiologie, le risque d'acquérir
une infection n'est guère supérieur pour une personne fibro-kystique que
pour toute autre personne. Il faut comprendre que le système immunitaire
(système de défense contre les microbes) n'est pas déficient chez les
personnes fibro-kystiques. Je ne verrais donc aucune objection à ce que
vous travailliez dans un laboratoire de microbiologie.
Je compte d'ailleurs parmi mes patients un étudiant en médecine qui travaille
sur un projet de recherche en microbiologie de même qu'une étudiante universitaire
de deuxième cycle qui fait de la recherche en microbiologie. La seule
réserve que j'émets serait d'éviter de travailler avec des souches de
Burkholderia cepacia tant que le mode et le potentiel de transmission
de cette bactérie ne seront pas bien compris. Comme vous le savez peut-être,
il s'agit d'un organisme qui peut avoir un impact important sur votre
santé. Même si relativement peu de patients fibro-kystiques en sont atteints,
dans notre clinique, ce n'est pas nécessairement le cas ailleurs.
Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Hiver 1994, no 18, pages 27-28
|